Contributions

Sur le site des Editions SansQu’ilSoitBesoin, des auteurs publient un billet d’humeur ou de culture. Un sujet d’actualité, de réflexion, une pensée, quelquechose qui a traversé l’esprit de l’écrivain dans son expérience du quotidien. Les sujets sont libres et donnent à la plume de l’auteur une belle occasion de noicir la page blanche et de communiquer.

Quatre contributeurs publient leur billet : Pascal Gouriou, Matthieu Carlesso, Fred Lecoeur et Gracchus.

Cette page vous les présente !

 

Difficile de vivre loin d’un écran, car près de l’écran se trouve souvent un clavier et sur le clavier, une main qui courre de touche en touche et, tout au bout de cette main, une tête qui imagine des mondes, le monde et des articles à foison. Ecrire cela fait du bien. C’est comme une saignée pour les hommes du passé. La ce n’est pas le sang qui coule, quoique, mais les idées, les désirs, les rêves, les souvenirs… Ce site offre de belles occasions pour s’exprimer sur la culture et même l’actualité. Je n’hésite pas à faire part de coups de cœur littéraire. Partager son expérience est capital et je l’espère utile pour des lectrices et des lecteurs !

 

 

Où suis-je ? un peu partout. Où vais-je ? sûrement ailleurs. D’où viens-je ? la seule chose que je sais à peu près. Né dix ans trop tard, au début des années 90, issu d’une famille moyenne de fonctionnaires moyens, je suis un français moyen qui râle tout le temps. Un français moyen quoi. Dix ans trop tard : j’ai vécu au tout début de l’ère informatique, mais sans vraiment m’en rendre compte ; je me rappelle de cette démonstration d’internet lorsque j’étais au CP, mais sans prendre conscience de la révolution que c’était ; je me souviens du bruit du modem 64k lors de la connexion et du « pas trop longtemps c’est cher ! », des pages de texte qui mettent trente secondes à charger, sans imaginer qu’un jour j’enverrai des pages et des pages tout autour du monde et que d’autres les liraient ; sans penser qu’un jour un ami rencontré grâce à internet publierait sur son site internet les textes que je lui envoie par internet. Né dix ans trop tard pour tout un tas d’autres raisons, pour la musique, pour la société, pour tous les changements que j’ai senti sans vraiment comprendre. Mais si j’étais né dix ans plus tôt, j’aurais voulu naître encore dix ans plus tôt. Si bien qu’à force, je serais né avant mes parents.

D’où viens-je encore ? De Bordeaux. Du périurbain bordelais, maison aux portes de la forêt, où l’on aperçoit (mais de moins en moins souvent) les chevreuils depuis la fenêtre de la cuisine. Depuis quatre ans, j’ai mis le cap au nord : direction la « Finlande » française, Lille. J’y suis toujours, et j’y suis des études d’urbanisme. La grande école, ce n’est pas celle où j’allais, à trois minutes de chez mes parents, celle d’où proviennent les cris que j’entends quand je retourne chez eux. La grande école, c’est maintenant. Une école sans professeur : l’appartement, seul, et tout à gérer. Cuisine, entretien, finances, cours, activités en tout genre, un équilibre instable qu’un rien vient faire basculer. La vie n’est pas une science exacte ; c’est ce qui fait son charme.

Où suis-je alors ? A ce stade où les cours de la grande école sont bientôt achevés ; quatre ans que j’apprends à vivre, le temps qui s’accélère, les études qui arrivent à leur terme, l’envie de continuer cette fausse insouciance estudiantine où l’on craint tout mais où l’on s’en fout ; la certitude que tout cela va s’arrêter et qu’il va falloir se ranger, d’une manière ou d’une autre, dans la société : arrêter les études, quitter le studio étudiant tant adoré, quitter les écoles et entrer dans les vies actives, professionnelle et personnelle.

Où vais-je enfin ? A Bordeaux, à Lille, à Toulouse, à Besançon, à Tours, ailleurs encore. La nuit je prends des trains à travers la France. Se fixer est difficile, se dire « ce sera ici, avec ces gens, avec ces buts, et puis c’est tout ». Changer est difficile, se dire « partir d’ici, quitter ces gens, changer de buts, et puis c’est tout ». Où vais-je alors ? Un peu partout, je suis ma vie, je vois où elle me mène. Et là où elle me mène, elle m’emmène à écrire. Écrire ma vie, celle des autres, celle de ceux qui n’existent pas. Inventer des vies, des miennes, des autres. Capturer des instants, les imaginer tels qu’ils pourraient être ou les montrer tels qu’ils sont. Où vais-je alors ? Nulle part ; je reste devant la Deûle sur un banc mon cahier et mon stylo à la main, sur la banquette d’un train, dans ma cave ou dans mon séjour, devant le bureau qui m’a vu faire mes devoirs de lycéen, ailleurs, partout ; mais mon esprit, lui, va loin, dans des mondes parallèles, dans le passé ou le futur, dans un présent qui aurait pu exister, dans une autre ville ou sur un autre continent, ailleurs, partout.

Fred Lecoeur, c’est moi ! Bingo ! c’est lui !!! Tous les artistes présents au festival de théâtre d’Avignon et qui ont fait l’objet d’une critique de ma part cette année sont désormais heureux : ils savent qui je suis. Je sais, j’ai l’air impressionnant avec ce visage plein de force contenue, ces cheveux mi- longs qui me donnent un aspect incroyablement viril voire guerrier et cet éclat presque de marbre. De marbre, je ne le suis pas. J’aime rire, discuter, débattre. Je m’enflamme, je pleure aussi et chaque fois, je me dis que tous ces artistes présents sur Avignon donnent un formidable électrochoc au « plan plan » de la vie quotidienne et aux 11 autres mois de l’année.  A chaque fois, je me jette sur la page blanche pour écrire le plus vite possible mon avis sur le spectacle vu afin de rendre tous les sentiments glanés au cours de la représentation. Je voudrais une critique la plus spontanée et la moins encombrée de réflexions, de références et de ressassements intérieurs. A mon sens, c’est la meilleure façon de rendre compte d’une expérience de spectateur et de convaincre un spectateur de voir ou de ne pas voir un spectacle. Allez, il est temps pour vous de monter sur les planches pour que la plume me brule au point de noircir la page blanche de la suie de ce feu du désir. Il est aussi temps pour vous de vous promener au fil des pages de ce site pour y trouver quelques amis nouveaux, un beau livre ou un beau spectacle !

 

Gracchus est né au cœur d’une cité ouvrière, sous un ciel astrologiquement survolté, annonciateur d’une proche révolution. Il a très vite manifesté une parfaite intolérance à toute forme d’injustice. Il s’ennuyait ferme dans un collège aux murs gris, jusqu’à ce que la prof de français dont il était secrètement amoureux lui communique sa passion pour l’œuvre de Jules Vallès. Cette rencontre avec l’immortel communard et écrivain de génie fut déterminante. Dès lors, il y eut beaucoup de rouge dans sa vie. Tout naturellement, il aboutit dans une fac marxiste. Grand lecteur du Contrat social et du Discours sur les origines de l’inégalité, il scruta avec persévérance l’ensemble de l’œuvre de JJ. Rousseau. Outre de nouvelles lumières sur les racines du mal social, le Citoyen de Genève lui transmit un intérêt pour la Bible qui ne s’est jamais démenti. Gracchus vit dans une banlieue d’une grande ville du sud est de la France. Il tire sa maigre pitance de l’exercice de fonctions de chargé de prévention des risques professionnels. Il consacre le plus clair de ses loisirs à des activités militantes. Il se partage équitablement  entre un club babouviste et le courant le plus radical d’un grand parti politique. Il aime les westerns, les grands espaces naturels, et les bouddhas de jade. Il insiste pour ne pas voir sa photo publiée sur internet…dommage.

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