La queue du Mickey pas forcément bonne à tirer.

imageFlorence Muller et Eric Verdin proposent aux spectateurs d’Avignon « La queue du Mickey », une comédie grinçante sur quatre paumés en recherche du bonheur. L’année dernière les deux auteurs avaient présenté « La beauté, recherche et développements » une pièce extraordinaire de qualité où deux femmes, un peu larguées, conduisaient un groupe dans un périple faits de couloirs et de pièges pour lever le voile sur la beauté.

Disons le franchement, « La queue du Mickey » subi à son désavantage la comparaison avec le précédent spectacle. Florence Muller et Eric Verdin nous donnent à voir cette année une pièce déséquilibrée dans sa construction et inégale dans sa qualité d’écriture. Les mots sont peut être durs mais ils sont à la hauteur de la déception. Pourquoi une telle déception ? D’une part, parce que les auteurs sont des personnes de qualité, et d’autre part, parce que « La queue du Mickey » possède des moments sublimes, des cimes de comique et des pics de tendresse pour ses personnages. Le début de la pièce est épatant par son texte court et incisif rebondissant d’un personnage à un autre, l’introduction du canapé gonflable est une riche idée pour emporter les personnages raz le sol, les scènes devant le miroir où un micro transforme les toilettes en gueuloir et lieu de confrontation avec soi-même sont d’une grande puissance théâtrale et des moments émouvants, les acteurs, enfin sont formidables : Florence Muller qui incarne Michellemabel est incontestablement dotée d’une puissance comique qui irradie, Vincent-François-Paul, joué par Luc Tremblais est puissant physiquement et vocalement et Gérard-Philippe, interprété par Yann De Monterno, est subtil dans sa gestuelle et doté lui aussi d’une grande puissance comique. Pierre Hiesller dans Norbert est moins convainquant mais la faute provient sûrement d’une moindre qualité d’écriture du personnage. Et c’est la le problème : une construction inégale de la pièce avec des passages sans grands intérêts et une désolante propension à des jeux de mots ou des images faciles voire limite potache…la référence aux glands et à l’image sexuelle sous tendue est fade et pas au niveau de la pièce, les scènes avec le jeu des 7 familles revisité sont elles aussi inégales selon les cartes demandées. Pourtant les auteurs savent faire circuler avec brio des références sexuelles en décapotable.

Une queue du Mickey un peu décevante mais décevante en raison de son formidable potentiel sous exploité (creuser un peu plus la mécanique de la recherche du bonheur aurait été salutaire) et néanmoins bien présent (certains passages sont désopilants et d’une grande qualité d’écriture).

« La queue du Mickey » est jouée au théâtre des 3 soleils à 20h40. Vous pouvez acheter les image textes de « La queue du Mickey » et du classique « La beauté, recherche et développements », en vente au théâtre et édités chez Acte-Sud au prix de 15 euros (Les deux textes sont présentés en un seul volume).

Fred Lecoeur

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