Autographe d’auteur : Hervé GUIBERT

« A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie ». Ce livre paru en 1990 a révélé Hervé Guibert au grand public. Les thèmes du livre, le SIDA, la lutte contre la maladie, la foi en un remède miracle et la désillusion tombèrent en plein cœur des préoccupations d’un public de plus en plus concerné par cette maladie grace aux actions des associations militantes. L’écriture d’Hervé Guibert n’avait pas attendu cet ouvrage pour trouver sa beauté, son style, sa subtile férocité. De fait, la découverte par le plus grand nombre de cet auteur a entrainé la découverte de l’œuvre passée et abondante. Pour un petit nombre, Hervé Guibert était ce jeune auteur de 22 ans publié en 1977 par Régine Deforges avec « La Mort propagande », pour d’autres, il était cet homme blessé en compagnie de Patrice Chéreau, pour d’autres encore, il était ce chroniqueur photo dans un journal qui, à l’époque, ne publiait pas de photos : le Monde.

Hervé Guibert photographe. Il y a bien sûr « l’Image fantôme » paru aux éditions de minuit en 1981. Livre sublime sur la photographie, l’image parfaite, érotique, souvenir, la photo de famille, d’identité, l’auto portrait et une actrice italienne qui traverse certaines pages. Il y a bien sûr « Suzanne et Louise » (1980), ses grandes tantes. Il y a « Le seul Visage ».

Hervé Guibert a écrit le désir, la sexualité, la perversion, la folie dans la relation à l’autre comme aucun ne l’a fait. Il avait le secret des mots simples pour exprimer des états violents, de volupté et de frayeur, le secret d’un humour froid pour saupoudrer de dérision ce qui fait frémir le lecteur sage et prude. « Fou de Vincent » (1989), « Vice » (1991), « Les lubies d’Arthur » (1983), « Des aveugles » (1985).

Il y a bien d’autres livres : « Mes parents » (1986), « Mauve le vierge » (1988), « Le protocole compassionnel » (1991). Son œuvre est importante et d’importance.

La mort d’Hervé Guibert en décembre 1991 aura été terriblement ressentie par ses lecteurs, par celles et ceux qui l’aimaient. Cette peine violente et sincère ne pouvait se former que par l’interruption d’une relation fondée sur la sincérité et sur l’absence d’artifice. L’œuvre d’Hervé Guibert est et restera car elle n’est pas polluée par les mensonges, les propos de circonstance. Je n’irai pas sur l’ile d’Elbe où repose Hervé Guibert car ce voyage reviendrait à profaner sa mémoire. C’est étrange d’écrire pareille chose mais Hervé Guibert en se suicidant, en avançant l’heure de sa fin toute proche, a voulu mettre un terme à sa souffrance, fuir, disparaitre, ne plus être que par ce qu’il nous a laissé : son œuvre littéraire et photographique.  Sa mémoire ne peut être que saluée par la lecture de ses phrases, de ses mots, la contemplation de ses photographies.

Il y a bien sûr ce film réalisé par ce jeune homme terriblement affaibli par cette fichue maladie, ce film insoutenable, cet objectif plongé dans la chair meurtrie. Il y a ce dernier plan, cette machine à écrire, le temps suspendu sur cet instrument rudimentaire par la forme et si nécessaire pour sortir les mots du corps.

Et dans toute cette vie, il y a enfin  un certain Pompon lequel reçoit d’Hervé « un très vif baiser ».

Pour en savoir bien plus sur Hervé Guibert, un site à visiter :

http://www.herveguibert.net

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